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Mots Croisette

  • "Cannes est une femme"

    "Cannes est un femme." Lambert Wilson avait promis un discours engagé en gala d'ouverture et il a tenu parole. "La femme, l'actrice, est le symbole de l'amour sur lequel tout entier repose le cinéma. A l'heure où certains, et je dis bien certains, voudraient la cacher, la bâillonner, la tenir dans l'ombre, la rendre captive, la violer, la mutiler, la vendre comme une marchandise, le cinéma, lui, la met en lumière, la révèle, la révèle..."

    Un joli discours. Qui a déclenché une vague de commentaires sarcastiques sur les réseaux sociaux. Avec seulement deux réalisatrices en compétition officielle, le Festival ne met pas les femmes tant à l'honneur que ça. A part sur le tapis rouge, bien évidemment. Certes, deux réalisatrices, c'est un meilleur résultat que les deux années précédentes (une seule sélectionnée), mais c'est moins bien qu'en 2011 (trois candidates à la Palme d'or). D'ailleurs, dans l'histoire de la quinzaine azuréenne, il n'y a jamais eu plus de trois représentantes féminines en compétition officielle. Et dans les 67 éditions précédentes, seule une cinéaste a décroché la Palme d'or: Jane Campion, en 1993 (oui, il y a 22 ans...) pour La leçon de piano. 
    De leçon en matière de féminisme, pas sûr que Cannes ait vraiment à en donner.
  • Cela commence fort...

    Le Festival de Cannes démarre sur les chapeaux de roue. Le maire de Dunkerke se dit attristé par les propos de Catherine Deneuve sur sa ville ("C'est tristesse, alcool et cigarettes") où elle a tourné le film La tête haute, présenté en ouverture ce mercredi sur la Croisette. Une pétition a d'ailleurs été lancée pour qu'elle fasse ses excuses !
    Dans Télérama, Isabelle Huppert estimer "qu'aller à Cannes est une excitation et une souffrance". Quant à Gérard Depardieu, il regrette le Festival d'antan: " C’était avant le triomphe et l’omniprésence de la télé à Cannes, des yachts, des fausses fêtes, des mauvaises drogues et du règne de joailliers sponsors au bout du rouleau. Je suis fatigué de tant de bêtise…"
    Le magazine Le Point, lui, présente la manifestation azuréenne sous le titre "Sept bonnes raisons de snober Cannes". Cela commence fort...

  • Les réactions des vainqueurs de 2014

     Voici les réactions des principaux vainqueurs de ce 67e Festival de Cannes.

     

    Nuri Bilge Ceylan (Palme d'or avec Winter sleep)

    « C'est étrange. J'ai gagné deux fois le Grand Prix (pour Uzak en 2003 et Il était une fois en Anatolie en 2011) et le prix de la mise en scène (pour Les trois singes en 2008). Il n'y a pas grande différence entre un Grand Prix et une Palme d'or en terme d'émotion. C'est la première fois que je reçois un prix aussi important. C'est super. Quand j'écris, je ne pense jamais aux aspects commerciaux. D'ailleurs, à la fin de l'écriture du script, il était deux fois plus long que celui d'Il était une fois en Anatolie. Et quand on a terminé le premier montage, le film durait 4 h 30. Ce sont les personnages et l'histoire qui nous guident. Nous les avons suivis. C'est pour ça que c'est si long (3 h 15 au final). »

    « J'ai dédié mon prix aux jeunes qui ont perdu la vie l'année écoulée. Ils nous apprennent beaucoup. Certains sacrifient leur vie pour notre futur. Ils méritent cet hommage. »

    « Ma motivation, c'est d'essayer de comprendre ma face sombre et, bien sûr, celle de la nature humaine. »

     

    Xavier Dolan (prix du jury pour Mommy)

    « Etre lié à Godard ? Je reconnais le geste délibéré des jurés de nous associer à cause du gouffre de temps qui nous sépare, mais aussi à cause de ses recherches de la liberté, même si c'est de manière très différente de moi. Lui, à une époque, a tenté de réinventer le cinéma. J'aime croire que le cinéma prend actuellement un virage et que j'en fais partie. »

    « On n'arrête pas de me rappeler que je n'ai que 25 ans. Avec ce prix, les interrogations sont désormais pulvérisées. J'avais envie de m'adresser aux gens de mon âge, qui ont de rêves, des ambitions, et à qui on dit souvent de redescendre sur terre, d'arrêter de rêver en couleur ou « Pour qui tu te prends ? » Moi, je viens d'un endroit plutôt grand (le Canada) où les gens ont trop tendance à penser petit pour des raisons qui m'échappent. Libérer les ambitions, c'était ça l'idée. »

    « Si je suis déçu de ne pas avoir eu la Palme d'or ? Il y a trois ans, j'ai dit que j'étais déçu d'une sélection dans une section parallèle. Je ne sais pas si j'aurais encore le culot d'aujourd'hui dire ça. Le prix du jury me flatte énormément. De manière compatible avec la démesure de mes rêves, il faut rêver à tout, sinon on rêve à moins et on a plus petit. On avait rêvé à tout et on ramène un prix formidable à la maison, avec grande fierté. »

     

    Timothy Spall (meilleur acteur dans Mr. Turner)

    « Ce prix, on dirait une bouche d'Alien avec sa langue fourchue. »

    « Je suis très touché. On peut m'accuser de mentir, mais je me sens comme un gamin de 18 ans, profondément touché. J'ai l'habitude de ne m'attendre à rien. La plus grande partie de ma carrière, on ne m'a proposé que des seconds rôles. On ne m'offre les premiers rôles que depuis 5-6 ans. Ici, on me donne le prix du meilleur acteur pour un film du réalisateur pour lequel j'ai le plus de respect. Il est donc autant pour Mike Leigh que pour moi. »

     

    Alice Rohrwacher (Grand Prix avec Les merveilles)

    « Je suis contente. Je flotte. J'ai été surprise tout le temps: d'être ici, d'avoir un prix et de recevoir ce prix-là. »

     

    Bennett Miller (prix de la mise en scène pour Foxcatcher)

    « J'étais en train de manger avec une ex quand on m'a téléphoné pour me dire de revenir à Cannes. Elle me racontait une histoire passionnante. Mais elle est mariée maintenant ! »

    « Ma première pensée à été pour mes acteurs. Channing Tatum, j'ai tout de suite pensé à lui. Steve Carell est un acteur qu'on ne s'attend pas à voir tuer quelqu'un à l'écran. C'était très courageux de sa part d'accepter ce rôle en sachant que la famille serait présente et examinerait le film de près. Enfin, je ne veux pas tourner un autre film sans Mark Ruffalo. C'est un acteur remarquable et une personne remarquable. »

     

    Alain Sarde (producteur d'Adieu au langage de Jean-Luc Godard, Prix du jury)

    « Je n'ai pas eu Jean-Luc au téléphone. A mon avis, il sait qu'il a gagné mais cela ne va pas révolutionner sa vie. »

     

    Marie Amachoukeli, Claire Burger, Samuel Theis (Caméra d'or pour Party Girl)

    « On essaie de faire tout ensemble. Ce qui est absolument insupportable pour tout le monde. Parfois, on allait trois fois plus vite, puiqu'il y avait trois cerveaux. Parfois, nous n'étions pas d'accord et alors, c'est la démocratie qui jouait. Nous sommes amis depuis plus de 20 ans et c'était une manière de mettre notre amitié à l'épreuve. »