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Tarantino attaqué

Pas de langue de bois

 

Sandrine Bonnaire n’a pas sa langue en poche. La preuve : « Faute de l’avoir vu, je ne peux pas me prononcer sur Soudain le vide, de Gaspar Noé, mais j’avais profondément détesté Irréversible. Par pour Las Von Trier qu’en général j’apprécie très modérément, sauf pour Breaking the waves. Si rejet j’avais, ce serait plus sur la sélection. Von Trier, Tarantino, Almodovar… On voit toujours les mêmes à Cannes. Vivement un peu d’audace et de découverte ! » En fait, elle dit tout haut ce que presque tout le monde pense tout bas.

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Tarantino taclé

 

Firmine Richard, l’imposante actrice antillaise de La première étoile, a elle aussi balancé. Mais sur Quentin Tarantino. Tout ça parce que Jacky Ido, alias le compagnon black de Mélanie Laurent dans Inglorious Basterds, n’a pas monté les marches en même temps que le reste de l’équipe. « Les mêmes personnes qui vous disent grand bien d’Obama laissent de côté un petit Français de couleur. Trop, c’est tropn faut arrêter avec cette hypocrisie. »

 

Assidu

 

Quentin Tarantino n’était pas dans le jury cette année. Mais cela n’a pas changé grand-chose : ce boulimique a vu quasiment tous les films en compétition. Et a profité de son séjour pour se goinfrer tant et plus de pellicules. En quatre jours de temps, il aurait ainsi vu 17 films. Si on devait décompter tous ceux où ils se sont endormis, pas sûr que les membres du jury en auraient vus autant…

 

Belles répliques

 

Voici quelques répliques des films cannois qui pourraient devenir cultes :

 

« Je ne suis pas un homme, je suis Cantona ! » (Looking for Eric)

« On ne peut pas faire confiance à quelqu’un qui passe ses journées au cinéma » (Map of the sounds of Tokyo)

« Ils vont se droguer la journée et violer le bétail la nuit » (Taking Woodstock)

« Les films, il faut les terminer, même en aveugle » (Etreintes brisées)

 

 

 

Qui va gagner ?

 

Franchement, si je le savais, au lieu de l’écrire, je serais déjà dans un bureau de bookmakers. Le grand favori reste Un prophète de Jacques Audiard. Il a séduit autant les cinéphiles pointus que les tenants d’un cinéma plus populaire. A titre personnel, mon coup de cœur va à Looking for Eric, de Ken Loach. Cette comédie parfois désopilante, qui peut compter sur des répliques cultes d’Eric Cantona, traite avec une intelligence réjouissante des valeurs authentiques du foot, comme l’amitié, la solidarité (et pas juste le fric comme trop souvent), tout en élargissant le sujet à un supporter du peuple, un de ces braves types foncièrement sympathiques qui éprouvent du mal à s’en sortir avec un maigre salaire et des enfants si difficiles à élever. Autre film qui m’ont beaucoup touché : A l’origine de Xavier Giannoli, l’histoire vraie d’un petit escroc qui fait construire un morceau d’autoroute et rend de l’espoir à toute une région. Enfin, même si le film divise, le nouveau Tarantino, Inglorious Basterds, m’a séduit par ses parodies du western, son ton décalé, ce sens du spectacle qui fait qu’en dépit d’incohérences flagrantes, on ne voit pas les 2 h 40 de projection passer.

 

Qui devrait perdre ?

 

Les films prétentieux et soporifiques n’ont pas manqué cette année. A commencer par le Ruban blanc de Michael Haneke, drame longuissime en noir et blanc (et en allemand) qu’aucun rebondissement ne vient agrémenter. De toute façon, dès la première scène, le narrateur annonce la couleur : le mystère reste entier sur l’affaire qu’il va décrire. Tout ça pour démontrer que l’éducation est à la base des dérives militaristes de l’Allemagne avant la première guerre mondiale. Autre œuvre qu’il faut aimer pour se démarquer et démontrer qu’on a compris ce que tout le monde déteste : Antichrist de Lars von Trier. Le même navet qui développe des théories aussi moyenâgeuses sur les femmes (incarnation du mal pour le cinéaste) serait voué aux gémonies signé par un inconnu. Mais c’est von Trier, alors même ses scènes d’une cruauté insoutenable (Charlotte Gainsbourg qui se coupe le sexe avec des ciseaux, en gros plan) passent pour géniales. Quelle arnaque ! Pourvu qu’aucun de ces films ne gagne quoi que ce soit. Mais vu les choix professionnels d’Isabelle Huppert, on peut craindre le pire.

 

Ambiance

 

Les rumeurs ne cessent de circuler autour d'Isabelle Adjani, qui doit remettre la Caméra d'or ce soir alors qu'il était prévu au départ qu'elle décerne la Palme d'or. La première version précisait qu'Isabelle Adjani ne voulait pas être considérée comme faisant partie de l'ancienne génération du cinéma, celle qu'on qualifie de monstres sacrés. Mais le bruit qui circule avec insistance pour l'instant à Cannes veut qu'Isabelle Huppert n'aurait pas apprécié du tout qu'Isabelle Adjani lui vole une parcelle de vedette, vu le peu d'amitié qui les unirait. Ambiance.

 

 

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