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Les coulisses de la clôture

Les négociations de DeNiro

Le président du jury était manifestement très content de lui-même: "Ce fut une expérience très simple. Il y avait beaucoup de bons films, très différents. Nous avons passé d'excellents moments tous ensemble, à discuter de nos points de vue. Je me suis fait de nouveaux amis. Le choix était pénible tant les films étaient bons, mais nous avons fait du bon boulot." Amené à justifier sa Palme d'or à un des rares films contestés de la sélection, il ne s'est pas départi de son calme. "Pour la plupart d'entre nous, tout dans ce film, notamment au niveau des intentions, collait parfaitement avec une Palme d'or. Bien sûr, rien n'est jamais parfait. Nous avons eu des discussions. Il faut toujours faire des compromis au final. C'est normal. Mais pour la plupart d'entre nous, ce film est extraordinaire." Quant à la remise du prix d'interprétation à Kirsten Dunst (qui, elle, a préféré éviter la presse...) pour Melancholia de Lars von Trier, il l'a expliqué très simplement: "Le film est resté en compétition: seul son réalisateur a été sanctionné par le Festival. Et ce choix correspond à celui de la majorité." Enfin, il a terminé par un mot de consolation pour Michel Piccoli: "Il était excellent dans le film de Nanni Moretti, Habemus papam. Nous avons dû faire des choix difficile. Mais cela ne veut certainement pas dire que les films qui ne sont pas au palmarès ne sont pas bons."

 

Maïwenn très émue

Sur scène, elle ne parvenait presque plus à parler. Quelques minutes plus tard, elle avait retrouvé son calme. Et s'expliquait sur ce qui s'était passé: "Ce n'est pas du snobisme: j'ai eu réellement peur, j'étais submergée par les émotions, la crainte d'oublier des gens qui ont été si importants pour moi. En 2001, j'ai écrit une pièce sur ma mère pour Le café de la gare et, à partir de là, la presse s'est intéressée à moi. Mon premier film, je l'ai financé avec mon assurance-vie ! Quand Robert DeNiro a annoncé Polisse, toutes ces images-là ont défilé dans mon esprit."

 

Terrence Malick absent: une première

Jamais, lors des 63 premiers Festivals de Cannes, un réalisateur n'avait boudé une Palme d'or. Terrence Malick, lui, n'est pas venu chercher son trophée. "J'ai eu Terry au téléphone, explique son producteur. Il était très excité par cet honneur. Mais c'est quelqu'un de très humble, de très timide, qui fuit la célébrité."

 

Jean Dujardin ne changera rien

Récompensé du prix d'interprétation masculine pour sa performance en star du muet et du noir et blanc dans The artist, Jean Dujardin avait, comme toujours, le triomphe modeste. "Pour l'instant, c'est juste un joli objet, un titre honorifique. Je ne vais pas dire non plus que c'est une baffe, mais je ne sais pas vraiment ce que ça représente pour l'instant. J'ai passé une soirée fantastique, mais je ne travaille pas pour ça. C'est peut-être pour cette raison que cela arrive. C'est une belle surprise. Est-ce que cela changera quelque chose ? Je recevrai peut-être plus de propositions, mais pour le reste, je ne le crois pas. D'ailleurs, je ne le veux pas. Je suis très bien comme ça. Je ne veux pas faire carrière à Hollywood. Il y a encore de belles choses à faire en France. Non, vraiment, je n'ai rien envie de changer du tout." Puis, avec son humour habituel, il a expliqué en quoi le projet l'avait tenté. "Avec Avatar, James Cameron avait placé la barre tellement haut qu'il fallait redescendre très très bas. Et pourquoi pas retourner à Méliès ? Jusque trois semaines avant le début du tournage, je croyais que le film ne se ferait pas. J'ai même douté pendant deux heures, et j'ai téléphoné à Michel Hazanavicius en me demandant si je devais le jouer. Je m'en suis voulu. Je me disais que je commenais à penser comme tout le monde ! Mais je n'ai jamais fait ça. Ce film, il fallait donc que je le fasse." Et voilà comment on décroche un des trophées les plus recherchés du 7e art.

 

 

 

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